Covid-19 : La Coopérative engagée pour faire face à la crise

Depuis plus d’un mois désormais, notre quotidien est bouleversé par la crise du Covid-19 ainsi que par les nécessaires mesures prises afin de l’arrêter. Après avoir organisé une première vague de réponses, La Coopérative propose des pistes pour que la sortie de crise soit la plus rapide et la moins douloureuse possible.

Si la pandémie que nous connaissons entraine inévitablement une détresse sanitaire à laquelle nous devons répondre au plus vite, chacun sait désormais qu’elle s’accompagnera d’une crise économique et sociale probablement plus durable. Face à ces risques les pouvoirs publics de tous niveaux doivent s’efforcer de soutenir autant que possible les habitants et acteurs de notre territoire. C’est dans ce contexte que les élus de La Coopérative organisent les solidarités qui peuvent l’être dans l’immédiat et préparent l’après.

Dès le 18 mars : mise en place d’une cellule de crise afin de répondre à l’urgence, dans l’urgence

Dès le 18 mars, en parallèle des mesures sanitaires prises par l’Etat, une cellule de crise a été mise en place au sein de la Ville de Strasbourg afin de faire face au choc économique. Paul Meyer s’est dès ce moment rendu sur les marchés de façon à s’assurer que les gestes barrières et distances de sécurité étaient respectés dans l’espoir de pouvoir maintenir leurs activités alimentaires grâce à la mise en place de mesures supplémentaires (étalement des horaires, mise à disposition d’agents municipaux chargés de faire respecter les distances de sécurité etc…). Si ces dispositions n’ont jusqu’ici pas convaincu la préfecture, les membres de la Coopérative ainsi que de nombreux autres élus espèrent que les marchés alimentaires pourront rouvrir au plus vite afin de fournir un approvisionnement de proximité aux habitants tout en permettant aux producteurs locaux de pouvoir vendre leurs produits.

Dans cette même optique des vélos cargos ont été mis à disposition de commerçants à tarifs réduits par Vel’hop pour leur permettre de s’adapter au confinement et de livrer leurs produits, à l’image de ce que proposent désormais l’Epicier Grand Cru ou la Mie Câline. Des initiatives visant à mettre en relation les producteurs et les consommateurs strasbourgeois ont émergées : site de recensement des commerces ouverts et de ventes chez les producteurs et sollicitation des enseignes de distribution afin qu’elles mettent à la vente davantage de productions locales. Enfin un guichet unique a été immédiatement mis en place afin de répondre à l’ensemble des questionnements des entreprises et de les diriger vers les différentes aides dont elles peuvent bénéficier.

Mais l’inquiétude est également sociale : la crise entraine la dégradation des situations de la plupart des personnes fragiles. La demande a été faite de s’assurer du maintien des structures d’accueil et immédiatement acceptée. Face à la persistance ou à l’aggravation des situations sociales des strasbourgeois les services sociaux restent accessibles aux personnes en ayant besoin, que ce soit par le biais de permanences téléphoniques, par la visite de travailleurs sociaux à domicile en cas d’urgence ou bien grâce au maintien de l’ouverture du Centre Médico-Social de la Halle du marché Neudorf.

L’adaptation au confinement, la préparation de l’après

Au cours de la crise de nouvelles mesures ont été pensées afin de limiter les dommages tant pour la population que pour les forces vives de Strasbourg. Ainsi pour éviter que la fermeture des cantines n’empêche des familles de se nourrir décemment, 5000 chèques alimentaires de 90€ arriveront bientôt chez les ménages défavorisés de la ville suite à la proposition qu’en a fait Françoise Buffet.

Les mesures d’allègement des charges des entreprises et associations demandées par Paul Meyer au cours des réunions de la cellule ont également été validées : l’ensemble des factures dues à la Ville (loyers des TPE/PME et associations, droits de terrasses, taxes sur la publicité et les enseignes, droits de place…) par les entreprises et associations sont annulées pour la durée du confinement afin de compenser leur perte d’activité. De plus le paiement des travaux et services dus par la Ville et l’Eurometropole a été accéléré afin de conforter la trésorerie des entreprises concernées. Dans le même esprit, un fond d’urgence doté de 4 millions d’euros pour aider les entreprises de notre territoire va être mise en place dans les temps à venir.

De plus, s’il est naturel que chacun de nous tâtonne dans cette période il nous faut rester vigilants face aux excès et incohérences que le doute peut nous pousser à faire. Nous nous félicitons qu’après que le Maire de Strasbourg en ait saisi la préfecture les berges de l’Ill soient de nouveau ouvertes et limitent ainsi la densité de circulation sur les itinéraires bis . Nous espérons désormais que les sollicitations répétées qui lui sont parvenues permettront également de bientôt rouvrir les marchés alimentaires à Strasbourg.

Préparer l’atterrissage : il nous reste encore à faire

La création d’une instance consultative dédiée au déconfinement a déjà pu être actée en conformité avec les recommandations faites par la Coopérative, afin que la préparation de l’après bénéficie du plus grand croisement de regards possible. Présidée par le Strasbourgeois Jules Hoffmann, biologiste et prix Nobel, elle sera composée d’un petit groupe pluridisciplinaire de spécialistes et de personnalités qualifiées. Afin de l’accompagner, divers groupes de travail thématiques réunissant professionnels et usagers sont déjà prévus. C’est toute l’organisation de notre ville dans son quotidien que nous devons redéfinir ensemble pour plusieurs mois, voire plus. Sur le modèle du conseil scientifique institué au niveau national, cette instance consultative rendra ainsi des avis publics contribuant aux décisions de la Ville.

Dès aujourd’hui nous devons mettre en place tout ce qu’il nous est possible  afin d’alléger l’urgence protéiforme qui se révèle dès maintenant être à la fois sanitaire, mais également sociale, économique, et même éducative. Un courrier demandant à ce que les mesures nécessaires à son enrayement soient prises au plus vite a été envoyé au Maire afin de lui faire part des propositions de la Coopérative.

Les loyers des logements sociaux dépendants de la collectivité devraient être suspendus ou exonérés pour les ménages les plus fragiles, ainsi que pour les locataires de logements insalubres (présence signalée de moisissures, cafards, etc.). Ces conditions de logement déjà inacceptables en temps normal le sont encore davantage durant le confinement. Afin d’également soutenir les résidants du parc privé, notre collectivité pourrait exonérer de taxe foncière les propriétaires renonçant à leurs loyers durant les mois de crise.

La collectivité se prépare aussi à organiser la réouverture des classes alors que la pandémie -bien qu’elle entame son ralentissement- se poursuit. Bien que moins affectés, les enfants peuvent souffrir du virus et le transmettre. Les membres de la Coopérative proposent donc de conditionner la réouverture des classes à la disponibilité de masques et gels et dans ce cadre, prioriser les réouvertures de classes en REP et REP+ en vue de limiter les inégalités scolaires. Les emplois du temps devront également être aménagés de façon à ce qu’aucune classe ne réunisse simultanément plus de 12 élèves dans un premier temps. Toujours afin de lutter contre ces inégalités, il va désormais être nécessaire de mobiliser les centres socio-culturels et tous les acteurs de l’enseignement et du périscolaire afin de préparer l’organisation de classes vertes éducatives durant les congés scolaires pour limiter les écarts à la rentrée de septembre 2020.

En ce qui concerne l’événement d’été, la situation sanitaire appelle à le remplacer par une série d’événements plus modestes, répartis dans le temps et sur le territoire afin de limiter les rassemblements trop importants tout en préservant des espaces de détente qui nous permettront de tenir dans le temps les règles visant à l’endiguement de l’épidémie. Enfin, et car l’avenir doit se préparer dès aujourd’hui, les membres de La Coopérative demandent à ce que la préparation des hypothèses budgétaires pour 2021 prenne dès maintenant en compte la mise en œuvre du Plan Climat adopté en 2019.

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